Guilde Du Festival Du Dragon Hivernel [FDDH]

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    Les Fantômes d'Ascalon - chapitre 1

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    Vito Red [FDDH]
    Admin

    Nom de ma guilde : [FDDH] Messages : 211
    Date d'inscription : 22/02/2011

    Les Fantômes d'Ascalon - chapitre 1

    Message  Vito Red [FDDH] le Jeu 1 Mar 2012 - 22:18







    I

    Au fil des ans, Dougal Keane avait développé une règle de
    conduite personnelle : ne jamais se lancer à l’aventure avec
    des personnes qu’on apprécie. Si la situation était tendue,
    cela pouvait se transformer en : ne jamais se lancer à l’aventure
    avec des personnes qu’on ne voudrait surtout pas voir
    mourir. Là, au plus profond des cryptes sous le Promontoire
    Divin, il était en parfaite concordance avec cette règle, car
    il détestait au plus haut point ses compagnons. Il détestait
    tout autant sa mission. Pire que tout, à cet instant même, il
    pestait contre la chaleur moite ambiante.
    L’accablante température estivale qui enveloppait
    le Promontoire Divin en surface s’était insinuée jusque
    dans les boyaux de ce complexe funéraire, où elle suintait
    comme une blessure oubliée. Les vents qui balayaient la
    paroi rocheuse où s’ouvraient les entrées des catacombes
    parvenaient à disperser la puanteur, mais à l’intérieur
    des tours et des détours des souterrains, Dougal n’avait
    aucune chance d’y échapper. Les gens avaient apporté leurs
    morts en ces lieux avant même la fondation de la nouvelle
    capitale de la Kryte, il aurait pu jurer parvenir à discerner
    l’odeur caractéristique de chacun d’eux.
    Leurs explorations les avaient conduits dans des
    secteurs dont même Dougal ignorait l’existence. À chaque
    nouvel embranchement, Clagg avait consulté sa carte,
    puis systématiquement proposé de suivre la direction la
    moins fréquentée. La pierre polie de la Porte du Crâne au
    Promontoire Divin avait progressivement laissé la place
    à une surface bien plus rugueuse, pour conduire finalement
    à des pièces et des couloirs que plus personne n’avait
    visités depuis l’époque où les morts avaient été déposés là,
    ce qui devait remonter à plusieurs siècles avant la fondation
    de la cité au-dessus.
    Pourtant, alors qu’il progressait, de petits fragments de
    crânes de toutes tailles et formes craquaient sous ses pieds,
    il se dit que ces cryptes n’étaient pas le pire endroit qu’il
    avait eu l’occasion de visiter car il se souvenait des temples
    en ruine de la Forêt de Caledon, ou de la Côte Sanglante
    dont les plages étaient jonchées de ces cadavres étranges et
    malveillants.
    Ou Ascalon. Rien n’avait jamais été aussi terrible
    qu’Ascalon.
    Dougal s’arrêta et se frotta le menton tout en observant
    le passage recouvert d’ossements devant lui. Il débouchait
    dans une large salle qui s’étendait bien au-delà du cercle de
    lumière projeté par sa torche. Là, il n’y avait plus aucun os.
    Il n’aimait pas beaucoup ça.
    Il leva une main et ses compagnons, la sylvari, la norn
    et l’asura sur son golem, celui qui les avait tous engagés
    pour cette expédition, s’arrêtèrent à leur tour.
    — Un problème ? ricana Clagg.
    L’asura s’était montré hostile depuis leur toute première
    rencontre, et la moiteur des lieux n’avait rien fait pour
    améliorer son humeur.
    Le peuple de Clagg avait ressurgi des profondeurs du
    monde à peine deux siècles plus tôt, signe précurseur des
    changements qui s’annonçaient pour la Tyrie. Ces créatures
    étaient plutôt de petite taille avec une tête un peu trop
    grosse et un visage plat dont les contours étaient encore
    plus prononcés avec leurs longues oreilles, tombantes dans
    le cas de Clagg. Leur peau présentait des teintes variées de
    gris, leurs grands yeux étaient le résultat de générations
    passées dans des grottes éclairées grâce à la magie. Les
    asuras n’avaient pas regagné la surface du monde en tant
    que réfugiés, mais plutôt comme d’authentiques colons,
    confiants en leur supériorité intellectuelle et magique visà-
    vis de toutes les races qu’ils avaient pu croiser.
    Et, Dougal ne pouvait que l’admettre, la réalité leur
    donnait souvent raison.
    Clagg était confortablement installé dans le harnais
    placé sur le ventre de son golem, une créature représentant
    un chef-d’oeuvre de pierre polie et sculptée, et de
    bandes de bronze ajustées. Ses membres s’articulaient
    sur des joyaux magiques bleutés qui liaient les différents
    éléments de cet assemblage sans que l’un et l’autre ne
    se touchent réellement. Une force magique, d’une puissance
    qui mettait Dougal mal à l’aise, maintenait cette
    créature debout. Un énorme cristal placé entre ses imposantes
    épaules faisait à la fois office d’yeux et d’oreilles. La
    gemme taillée en angles vifs ne cessait de pivoter dans son
    logement, observant l’environnement afin de collecter
    toujours plus de données.
    Clagg l’appelait Briseur et semblait bien plus préoccupé
    par son bien-être que celui de tout autre membre du petit
    groupe.
    — J’ai dit : « un problème ? » répéta l’asura, ses petites
    dents de requin apparentes sous l’effet de son irritation.
    Dougal avait rarement vu un asura sourire, et quand cela
    arrivait ce n’était (de son point de vue) jamais très rassurant.
    — Quelque chose ne va pas, répondit Dougal en
    prenant bien garde à ne pas élever la voix.
    — Ces humains, chuchota Gyda Oddsdottir en
    secouant la tête. Les clochettes d’argent passées dans sa
    longue crinière de guerrière s’agitèrent bruyamment. Ils
    passent leur temps à temporiser au lieu de passer à l’action.
    Elle posa son énorme marteau sur le sol avec un bruit
    sourd, réduisant en poussière un crâne.
    Dougal grimaça, pas à cause des paroles de la norn,
    mais à cause du raffut qu’elle faisait. Avec ses neuf pieds
    de haut et toutes ses armes, elle faisait encore plus de bruit
    que le golem de l’asura. Cette fille originaire des lointaines
    régions enneigées des Cimefroides se moquait totalement
    qu’on l’entende arriver, elle préférait même avertir
    ses ennemis de son approche. Dans cette moite chaleur
    ambiante, sa peau généreusement tatouée luisait de sueur.
    Les ancêtres de Gyda avaient eux aussi été des réfugiés,
    ils avaient dû fuir devant le réveil de l’un des dragons
    ancestraux au nord. Les norns étaient un peuple robuste,
    vaillant et fier, prompts à s’emporter, mais tout autant à
    pardonner. Depuis qu’il avait quitté Noirfaucon, Dougal
    avait croisé de bons comme de mauvais norns. Les bons
    considéraient chaque jour comme une aventure, chaque
    problème à régler comme un défi et chaque ennemi
    comme l’occasion de travailler à leur gloire personnelle.
    La plupart des gens ne comprenaient pas à quel point
    les endroits les plus sombres de ce monde pouvaient
    être dangereux, les norns se réjouissaient d’avance de les
    explorer tous.
    Gyda, cependant, faisait définitivement partie de la
    deuxième catégorie des norns : vantarde, hautaine et détestable
    au plus haut point. Elle était à la fois méprisante et
    insultante, comme si les actions de ceux qui l’entouraient
    risquaient de lui faire de l’ombre. Dougal n’aimait pas la
    voir sourire. Jamais.
    — Le sol est trop propre, dit-il en parlant à Clagg, mais
    s’adressant en réalité à Gyda. Pas d’ossements. Personne
    n’a été enterré ici.
    — Et cela signifie qu’il y a un piège, commenta Killeen,
    le dernier membre du groupe, la sylvari, de sa voix douce
    et mélodieuse.
    Dougal hocha la tête. La nécromante sylvari était sans
    aucun doute la personne la plus plaisante de leur petit
    groupe hétéroclite, lui inclus. Plus petite qu’un humain,
    mais sans l’être autant que l’asura, sa peau était verdâtre et
    ses cheveux plus semblables au feuillage d’un arbre qu’à
    une toison humaine. Quand elle se déplaçait, elle laissait
    derrière elle voler des grains de pollen.
    Cette apparence humanoïde, Dougal le savait, n’était
    qu’un leurre. Killeen et ses semblables naissaient comme
    des fruits, totalement formés, accrochés aux branches
    d’un grand arbre aux ramures blanches, loin dans le sud.
    Ses chairs n’avaient pas la chaleur de celles des animaux.
    Les sylvaris n’étaient qu’une récente addition à la faune
    de ce monde, cette race était en fait à peine plus vieille
    que Dougal lui-même, mais elle s’était déjà largement
    répandue, comme un lierre grimpant. Killeen disposait de
    tous les traits de son espèce : elle était honnête, droite et
    franche. Dans de nombreux domaines, elle l’était même
    plus que la plupart des humains qu’il connaissait,
    c’était d’ailleurs ce point qui mettait Dougal le plus mal
    à l’aise à son égard.
    Killeen avait pris l’avertissement de Dougal au sérieux,
    mais Gyda grogna.
    — Je crois que tu veux juste nous éloigner de notre but.
    — Qu’est-ce qui pourrait déclencher ce piège ? demanda
    la sylvari en ignorant la remarque de la norn.
    Dougal se tourna vers cette dernière.
    — Pas le bruit, en tout cas. Les vibrations, peut-être, ou
    la pression.
    — L’humain a probablement raison, dit Clagg, installé
    dans le relatif confort de son harnais. J’imagine que parfois
    même un aveugle peut dénicher un diamant.
    L’asura joua avec un rang de cristaux placé devant lui,
    puis il acquiesça pour lui-même.
    — Ah oui, le voici. Rustique, mais efficace.
    — Qu’est-ce que c’est ? demanda Dougal.
    Il haïssait poser ce genre de questions, tant il savait
    l’asura toujours pressé de démontrer à quel point il était
    brillant. Pour ses semblables, la seule raison d’exister des
    autres peuples était de leur servir de bêtes de somme et de
    chair à canon, ou de poser des questions idiotes.
    — Si l’un de nous avait été assez stupide pour entrer
    dans cette pièce, annonça Clagg en détachant bien
    chacune de ses syllabes, il aurait déclenché une explosion
    mortelle.
    Gyda pouffa, comme si nulle déflagration ne pourrait
    avoir raison d’elle, qu’elle soit de nature magique ou pas.
    Pourtant, Dougal remarqua que, pour une fois, ses pieds
    étaient restés cloués là où ils étaient.
    — S’il s’agit d’un piège, Dougal ne peut-il pas le désamorcer
    ? s’enquit Killeen. N’est-ce pas pour cela qu’il a
    été engagé ?
    Provenant de la bouche de n’importe qui d’autre, cette
    remarque aurait été emplie de sarcasme et d’animosité.
    Pour la sylvari, les mots n’avaient pas d’autre portée que
    leur signification première. C’était en fait pour cette raison
    qu’elle participait à cette expédition : ses connaissances. En
    matière de pièges, d’histoire, de choses du monde…
    — Il m’a engagé pour mon expérience en matière de
    récupération de puissants artefacts, répondit Dougal.
    — En pillage de tombes, tu veux dire, grommela Gyda.
    Dougal l’ignora.
    — Quelqu’un a-t-il des commentaires utiles à faire ?
    demanda-t-il.
    — La question de Tête-de-fleur est pourtant sensée, dit
    Clagg avec le ton d’un maître d’école. C’est pour cela que
    tu es là, humain. Nous savons que le piège est là, maintenant,
    débrouille-toi pour le neutraliser.
    Dougal se baissa et ramassa un crâne, en essayant de se
    dire qu’il ne s’agissait pas de celui de l’un de ses ancêtres.
    Il visa le point central de la salle et toucha d’un doigt le
    médaillon placé sous sa ceinture pour se donner de la
    chance, puis il fit rouler le crâne au sol.
    Rien. Il en ramassa un autre, qu’il fit rouler en visant un
    autre endroit. Encore rien. Il en prit un troisième.
    Gyda roula des yeux et croisa les bras, gagnée par
    l’impatience. Clagg secoua la tête, comme si Dougal était
    un élève rétif à ses enseignements.
    — Ce n’est pas déclenché par le bruit, dit Dougal. Ni
    par les vibrations ou les mouvements. Cela nous laisse le
    poids. Il faudrait lancer quelque chose de lourd.
    Il avait prononcé cela avec un coup d’oeil vers Gyda.
    — Hors de question que je serve de sujet à tes expériences,
    lui rétorqua la norn en le regardant de haut.
    — Le golem, alors, proposa Dougal.
    — Oubliez ça, lui envoya Clagg sèchement. Je n’ai pas
    assemblé Briseur pour le voir pulvérisé dans une débauche
    de pyrotechnie. Débrouille-toi, humain.
    — Tu te soucies plus de cette statue qui marche que de
    nous tous, lui fit remarquer Gyda.
    — Absolument pas, se défendit l’asura. C’est juste une
    question d’investissement qui n’est pas du tout équivalent.
    Les yeux de Killeen étincelèrent d’une petite lueur
    verdâtre.
    — Je peux peut-être aider.
    La sylvari baissa les yeux et se concentra sur quelques
    ossements alignés contre la paroi gauche du tunnel. Ses
    bras et ses mains effectuèrent des passes complexes et
    elle prononça des paroles qui provoquèrent chez Dougal
    un léger mal de tête. Une aura verte apparut sur le tas
    d’ossements et se matérialisa autour de restes vaguement
    humains.
    Dougal vit les os se séparer des autres et s’assembler
    pour constituer un squelette cohérent. L’aura verte le maintenait
    debout, remplaçant muscles et tendons. Le côté
    droit du crâne avait été enfoncé et la mâchoire inférieure
    manquait, de même qu’une moitié du bras droit qui se
    terminait en une paire d’os brisés. Il se tenait devant eux
    comme un serviteur en attente d’instructions.
    Dougal frissonna lorsque Killeen posa sur la créature
    un petit sourire satisfait. Elle effectua quelques autres
    gestes, le squelette leur tourna le dos et se dandina le long
    du tunnel, en direction de la salle.
    Dougal leva les yeux vers le plafond recouvert d’ossements
    et se dit qu’il devait y avoir de la terre et des pierres
    là-haut, derrière tous ces restes, et qu’ils ne se trouvaient
    pas dans un tunnel creusé dans une montagne de restes
    humains.
    — Attends, dit-il en tendant une main vers Killeen,
    laquelle souriait en voyant s’éloigner sa création. Nous
    devrions nous replier un peu et prendre…
    L’explosion lui coupa la parole. Le squelette animé
    disparut dans une boule de feu et un nuage de fumée.
    Dougal se laissa tomber au sol et se protégea la tête de
    ses bras ; il se retrouva bombardé d’une pluie de fragments
    osseux qui rebondirent tout autour de lui. Un débris effilé
    vint même se planter dans son épaisse chemise de cuir,
    comme la griffe d’un revenant.
    Dougal se redressa et vit Clagg en train d’observer la
    caverne, les lèvres retroussées.
    — Rustique, mais efficace, commenta l’asura.
    Gyda dépassa Dougal et ricana. Elle avança jusqu’au
    cercle noirci représentant l’endroit où s’était tenu le squelette
    animé.
    — Bien joué, l’arbrisseau, envoya-t-elle à Killeen. Toi,
    au moins, tu mérites tes émoluments !
    Dougal grimaça sous l’insulte déguisée.
    — Nous devons poursuivre, annonça-t-il à l’intention
    de tout le groupe. Je ne sais pas combien de temps
    il faudra à ce piège pour se réarmer, ça pourrait prendre
    des jours, ou quelques minutes. Il était peut-être aussi
    à usage unique, mais nous n’avons aucun moyen de le
    savoir.
    Cette fois-ci, Gyda éclata de rire.
    — Ce qu’il voulait dire, c’était : merci sylvari pour avoir
    fait mon travail !
    Les joues de Killeen s’assombrirent.
    — Accepte mes excuses, dit-elle à Dougal. Je ne
    voulais pas marcher sur tes plates-bandes. J’ai juste fait
    en sorte de neutraliser ce piège sans que qui que ce soit
    n’en souffre.
    Dougal grimaça. Il ne doutait pas que ses excuses furent
    sincères, mais c’était encore pire.
    — Tu aurais pu nous avertir, répondit-il d’un ton qu’il
    aurait préféré plus amical. Ou nous laisser le temps de
    nous replier. Tu aurais pu faire s’effondrer tout le plafond
    sur nos têtes.
    — Je vois, dit Killeen d’un air pensif. Je n’ai pas voulu
    mettre notre expédition en danger.
    — Non, bien sûr, ajouta Dougal, un peu mal à l’aise
    pour l’avoir mise dans l’embarras.
    Il ne pouvait qu’admirer la sincérité de la sylvari.
    — C’est peut-être à cause de cet endroit, répondit-elle
    en relevant le menton. Il est fascinant. Pour mon peuple,
    la mort fait partie intégrante de la vie. Nous la révérons
    totalement, y compris dans ses aspects les plus sombres,
    mais nous ne la comprenons pas. Pas encore. Elle observa
    la salle, les yeux grands ouverts. Et même ainsi, reprit-elle,
    jamais nous ne lui édifierions un tel monument.
    — Ce n’est pas un monument érigé pour les morts,
    mais plutôt un testament à l’intention des vivants, lui
    expliqua Dougal d’une voix qu’il voulut bienveillante.
    Il sentit son irritation se dissiper, celle à l’encontre de la
    sylvari, en tout cas.
    — Allons-y. Faisons très attention en progressant,
    ajouta-t-il en élevant la voix pour que tout le monde puisse
    l’entendre. Nous devrions trouver d’autres pièges comme
    celui-ci !
    — T’as vraiment l’air d’une vieille, humain ! ricana
    Gyda. Mais même ma grand-mère Ulrica se montrerait
    moins hésitante que toi, et ça fait sept ans qu’elle est
    morte. Elle donna un coup de pied dans un tas d’ossements
    et leva une torche. Tu t’inquiètes trop ! Que serait
    la vie sans danger !
    — Plus longue, répondit Dougal.
    Il emboîta le pas de la norn quand elle avança. C’était
    la première fois qu’il collaborait avec un membre de ce
    peuple. Ils pouvaient être d’une carrure impressionnante,
    leur témérité avait cependant des limites. Les fanfaronnades
    de Gyda devaient dissimuler une faiblesse. Dougal
    ne lui fit pas remarquer son indéniable réticence à
    s’aventurer dans cette salle alors que le piège n’était pas
    encore désactivé.
    — Bah ! Une telle existence te semblera juste plus
    longue, comme un interminable repas sans saveur,
    conclut-elle.
    Dougal remarqua alors que la température avait légèrement
    baissé. Une fois tout le petit groupe dans la pièce,
    la norn et lui levèrent bien haut leurs torches. La lumière
    révéla une substance épaisse et grise pendant d’entre les
    restes squelettiques, au plus haut du dôme que constituait
    le plafond de la salle.
    Dougal leva une main pour ne pas être gêné par la
    lumière de sa torche et observa la substance. Il pensa tout
    d’abord qu’il s’agissait d’une sorte de mousse, mais il
    comprit rapidement.
    Des toiles.
    Dougal jura entre ses dents. Il lança un avertissement,
    mais le cri aigu de Killeen le couvrit totalement. Il se
    retourna juste à temps pour voir la sylvari disparaître dans
    un trou qui venait de s’ouvrir dans le sol.


    Source:
    Spoiler:


    _________________
    Spoiler:


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